Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 2 : les trois premiers travaux

Je vous avais introduit dans mon dernier billet la légende d’Hercule, en vous racontant pourquoi il avait du effectuer ses travaux.

A présent, on attaque ces travaux. Pour l’ordre des évènements, je me base sur la Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile, historien et chroniqueur grec du premier siècle avant J.C. La plus grande partie de ce qu’on sait sur Hercule nous vient de lui, et c’est pour ça que je m’attache à l’ordre qu’il a choisi, même si ce n’est pas forcément l’ordre qu’on retrouve dans d’autres récits.

Pour aujourd’hui, je vais raconter les trois premiers travaux : le lion de Némée, l’hydre de Lerne, et le sanglier d’Erymanthe.

Hercule contre l'hydre de Lerne

Hercule contre l’hydre de Lerne (lécythe à figures noires, peinture de Diosphos, Vème siècle av.J.-C.)

Le Lion de Némée

Diodore de Sicile nous dit de ce lion que :

Cet animal était d’une grandeur monstrueuse, et comme il était invulnérable par le fer, l’airain, et les pierres, il fallait nécessairement employer la force des bras pour le dompter.

Bref, typiquement le genre de travail qu’Eurysthée donnait à Hercule en espérant qu’il n’y parvienne pas. Ce lion terrorisait toute la région de Némée, et les habitants ne s’approchaient pas de la montagne où il avait élu domicile.

Némée n’est pas très loin de Mycène, la capitale d’Eurysthée, et Hercule n’eut besoin de s’arrêter qu’une seule fois, chez un paysan auquel il demanda l’hospitalité. Alors qu’il le remerciait pour le gîte et le couvert, il en profita pour lui demander plus de renseignements sur le monstre qu’il devait affronter. Le paysan fut particulièrement effrayé et ajouta aux indications qu’il donna qu’il allait aussi sacrifier un bœuf aux dieux, pour aider Hercule dans cette quête impossible.

Hercule continua son chemin après cet épisode, et parvint dans une région complètement désertée, les humains fuyant le terrifiant lion. Le héros arpenta pendant plusieurs jours cette région, sans trouver le félin. Il finit par le trouver caché derrière un buisson, en train de se repaître. Mis en colère par ce qu’il voyait, Hercule lança quelques unes de ses flèches. Sans succès, puisque ce lion était invulnérable au fer qui composait les pointes des projectiles. Le lion l’attaqua, et il chercha à se défendre, en assénant un terrible coup d’épée. En pure perte : non seulement le lion n’eut aucune blessure, tout juste fut-il un peu étourdi, mais en plus l’arme se retrouva complètement tordue, perdue.

Néanmoins, un peu effrayé par cet adversaire qui l’attaquait, le lion s’enfuit et se réfugia dans son antre. Hercule le suivit, et décida d’entrer à son tour dans la grotte du monstre. Pour ne pas que ce dernier lui échappe à nouveau, il décida de la fermer avec une pierre, et s’avança vers l’animal. Cette fois, il n’utilise d’autre arme que ses mains, et l’étrangla de la force de ses bras.

Hercule et le lion

Hercule et le lion de Némée, Héraclès et le lion (amphore à figures noires, 550-540 av. JC)

Le Lion de Némée vaincu, il se servit de la fourrure comme manteau, et de sa tête comme casque. Sur le chemin du retour, victorieux, il s’arrêta à nouveau chez le paysan qui l’avait hébergé à l’aller, et le pria de sacrifier son bœuf aux dieux, et non en son honneur, car sa mort n’était pas encore venue.

L’Hydre de Lerne

Ce monstre portait dans un seul corps cent cous, surmontés d’autant de têtes de serpent. Si l’une était coupée, aussitôt une tête double poussait à sa place. C’est pourquoi ce monstre passait pour invincible : une partie enlevée apportait donc un double secours.

Voilà encore un monstre sur lequel la force est bien inutile, et où il faut user de ruse et de stratégie. Hercule se rendit donc au sud de Mycène, à Lerne, dans une région fertile mais hantée par cette créature au souffle fétide. On disait d’elle qu’elle pouvait empoisonner de sa seule haleine, et que parmi toutes ses têtes, l’une était immortelle. Cependant, on était bien en peine de deviner laquelle. La bête s’était réfugiée dans un marais, et ce fut là qu’Hercule chercha à l’affronter.

Il força tout d’abord le monstre à sortir de son repaire en enflammant les roseaux et hautes herbes alentours. Une fois l’hydre devant lui, il commença à l’affronter, mais s’aperçut rapidement de la particularité de la créature : pour chaque tête qu’il parvenait à couper, deux repoussaient. Frustré et blessé à la jambe par un crabe venu défendre l’hydre, il demanda alors l’aide de son neveu Iolas, qui l’avait guidé jusqu’au marais. Celui-ci lui suggéra, en voyant les flammes, de cautériser les cous immédiatement après avoir coupé les têtes.

Hercule contre l'Hydre de Lerne

Hercule contre l’Hydre de Lerne (mosaïque romaine, détail, Valencia)

Ils firent ainsi, Iolas accourant avec un brandon à chaque fois qu’Hercule coupait une tête. Ils parvinrent ainsi à détruire toutes les têtes, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la tête immortelle de l’Hydre. De toutes ses forces, Hercule parvint à la séparer du corps du monstre, et l’enfouit rapidement sous un tas de rocher. On raconte que la tête est encore vivante aujourd’hui, et que ses hurlements continuent à terrifier ceux qui s’aventurent dans le marais de Lerne.

Une fois la victoire acquise, Hercule profita du sang de la créature qui jonchait l’endroit pour en enduire les pointes de ses flèches, les rendant mortelles pour tous ceux qu’elles toucheraient.

Quand Hercule revint vers Eurysthée annoncer sa victoire, celui-ci la lui contesta. En effet, il devait résoudre ses tâches seul, et non aidé de son neveu.

Le Sanglier d’Erymanthe

La troisième tâche était plus délicate, car il ne s’agissait pas seulement de vaincre l’animal, mais aussi de le ramener vivant à Eurysthée. Le sanglier était un animal difficile, qui saccageait la région autour du mont Erymanthe. Hercule était dans une situation compliquée : s’il luttait trop, il risquait de tuer l’animal, et s’il ne luttait pas assez, il le laissait échapper.

Il parvint à le faire sortir de son antre en l’effrayant de ses cris, et le traqua ensuite pendant plusieurs jours, en le poussant toujours plus haut vers le sommet du mont et les neiges éternelles. Le sanglier s’épuisa, et finit par tomber dans le piège d’Hercule : un trou recouvert de neige. Hercule sauta à son tour dans le trou, l’enchaîna et le ramena sur ses épaules à Eurysthée.

Le roi eut si peur de l’animal qu’il se précipita dans un tonneau d’airain, dont il ne ressortit que lorsqu’il eut l’assurance que le sanglier avait quitté la ville. De ce triste épisode, Eurysthée garda la réputation d’un roi lâche, bien loin des actions héroïques d’Hercule.

Hercule et le sanglier d'Erymanthe

Hercule apporte le sanglier d’Erymanthe à Eurysthée

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2 reflexions sur “Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 2 : les trois premiers travaux

  1. Drenagoram Auteur de l'article

    Un Temps de Légendes ,
    Pour un Cycle des Dieux ,
    Au Grandes Mains de l’Hercule ,
    Plus d’une Ombre en Chemin ,
    Douzes Travaux comme Offrandes ,
    Pour un Être parmi Eux ,
    Qui rêvait qu’on l’Adule ,
    Sans le Poids d’un Destin .
    NéO~

    1. Gwenn Auteur de l'article

      Malheureusement pour lui, comme pour de nombreux héros grecs, son destin était tout tracé, et il n’a pas eu d’autre choix que de le suivre… Il devra attendre son apothéose pour être enfin libre. En attendant, le chemin est encore long : il reste neuf travaux, de nombreuses rencontres, de nombreux faits d’armes, quelques épreuves qui remettront tout en cause…
      Le chemin d’un héros est pavé d’embûches…

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