Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 3 : quelques rencontres

Voici donc le troisième chapitre narrant la formidable aventure d’Hercule. Après avoir découvert ce qui l’avait mené à accomplir ces douze travaux, puis avoir assisté aux trois premiers d’entre eux, nous retrouvons Hercule pour la suite de cette aventure.

Aujourd’hui, nous n’allons aborder que deux travaux. Mais nous allons découvrir ce qui a aussi fait le succès de ce mythe : les aventures annexes aux travaux. En effet, en accomplissant pour Eurysthée des tâches toutes plus difficiles les unes que les autres, Hercule fait des rencontres, voire parfois décide de provoquer ces rencontres. Et c’est aujourd’hui le cœur de ce chapitre, puisque même les tâches que nous allons aborder provoqueront toutes les deux une rencontre… intéressante.

Hercule et Artémis

Hercule et Artémis négociant autour de la biche aux cornes d’or

Nous avions donc laissé Hercule chez Eurysthée, après qu’il eut rapporté le sanglier d’Erymanthe, et que le roi se fut courageusement caché dans un vase à la vue de l’animal.

Hercule alla ensuite à la rencontre des centaures. Il fut l’hôte d’un de ses amis, le centaure Pholus, qui pour l’occasion déterra un tonneau de vin. Selon une légende, Bacchus lui-même (le dieu du vin, entre autres) avait donné le tonneau aux centaures, avec ordre de ne l’ouvrir qu’à l’arrivée d’Hercule. Hercule étant là, Pholus mit le tonneau en perce.

Hercule et Pholus

Hercule et Pholus (amphore à figures noires, 4è s avt J.C.)

Le tonneau reposant depuis quatre générations, un fumet fort et ancien se répandit alentours, jusqu’aux demeures des centaures voisins. Excités par l’odeur, ils se réunirent autour de la maison de Pholus, et voulurent se jeter sur la boisson. Pholus, effrayé, se cacha, mais Hercule affronta les assaillants. Le combat était assez inégal, surtout que Néphélé, mère des centaures, aida son peuple en précipitant la pluie sur le lieu de l’affrontement. Les centaures et leurs quatre sabots n’étaient nullement déséquilibrés, mais ce n’était pas le cas d’Hercule et de ses deux jambes. Mais Hercule n’était pas un héros pour rien, et il en tua beaucoup, mettant les autres en fuite. Dans les combats mourut également Chiron, qui pourtant n’y avait pas participé.

Pholus décida alors d’enterrer les centaures morts, car ils étaient à ses yeux tous membres de la même famille. Cependant, en retirant une flèche du corps d’un de ses amis, il se blessa lui-même gravement, et ne put guérir de cette plaie. Hercule lui offrit des funérailles somptueuses, en l’enterrant sous la montagne voisine, qu’il estimait la plus belle des sépultures pour un centaure. Depuis, la montagne porte son nom : Pholoé. Avec celle de Chiron, la mort de Pholus signifia la disparition des bons centaures de la mythologie grecque.

Eurysthée ordonna ensuite à Hercule de capturer sans la blesser la biche aux cornes d’or. Nous sommes loin des monstres terrifiants : cette biche était certes fragile, mais extraordinairement rapide. Et surtout, elle faisait partie de l’attelage de la déesse de la chasse Artémis. Cette tâche amorce les longues tâches que va lui donner ensuite Eurysthée : Hercule aura besoin de toute une année pour l’accomplir.

En effet, comme il s’en rendit compte lorsqu’il l’approcha une première fois, le farouche animal s’enfuit à une vitesse prodigieuse. Hercule, comprenant que la force ne servirait à rien, sauf à blesser l’animal divin, se décida à l’attraper à l’usure. Il continua donc à poursuivre la biche, qui continuait à s’enfuir devant lui, l’emmenant toujours plus loin au nord, jusqu’au pays des hyperboréens, les limites du monde connu pour les grecs alors, que l’on situe aujourd’hui au Nord de la Mer Caspienne.

La biche, ayant atteint cette frontière, décida de retourner vers son pays natal, entraînant toujours le héros à sa suite. Néanmoins, elle commençait à fatiguer de cette course incessante, et Hercule sentait que la fin de la tâche approchait. Jusqu’au jour où elle s’arrêta au bord d’un fleuve. Elle y but, puis hésita à y entrer pour le traverser. Hercule en profita, prit une flèche qu’il tira dans un des sabots de l’animal, juste entre le tendon et l’os. Avec son extraordinaire dextérité, le héros parvint ainsi à capturer la biche, sans que ne coule une seule goutte de sang.

Il entrava donc l’animal, et s’en retourna vers Eurysthée, afin de le lui présenter. Mais en chemin, il croisa les deux plus grands chasseurs de l’Olympe : les jumeaux Artémis et Apollon. Ceux-ci exigèrent la libération de l’animal, sacré aux yeux de la déesse. Hercule leur expliqua qu’il était en train d’accomplir un travail pour Eurysthée, et promit de libérer la biche dès que le roi l’aurait vue. Artémis hésita, puis accepta le marché. Hercule put donc se rendre auprès du roi, et ainsi valider sa tâche. Comme promis, il libéra ensuite la biche d’Artémis.

Hercule et la biche

Hercule ramène la biche aux cornes d’or (amphore à figures noires, 530-520 avt J.C.)

La tâche suivante consistait à débarrasser la région des oiseaux du lac Stymphale, qui faisaient énormément de dégâts. Ces oiseaux possédaient un bec et des serres d’airain, et des ailes aux plumes de cuivre. Cruels, ils attaquaient sans vergogne ceux qui croisaient leur chemin. Ils picoraient aussi les cultures, et détruisaient de leurs ailes de cuivre ce qu’ils n’avaient pas mangé. Bref, ils terrorisaient la région.

Hercule dut chercher longtemps leur repaire, mais il fut aidé en cela par les habitants de la région, qui espéraient que le fils de Zeus parviendrait à les débarrasser de ce fléau. Il parvint enfin au lac de Stymphale, et constata que les oiseaux nichaient dans la forêt sur la rive opposée. Il chercha à traverser, mais les eaux étaient trop épaisses pour être navigables. Il se dit alors que seul un miracle pourrait l’aider. Et le miracle eut lieu : la déesse Athéna lui apparut, déposa devant lui deux objets, montra du doigt la forêt des oiseaux, et disparut aussi rapidement.

Hercule ramassa les objets et constata qu’il s’agissait de castagnettes de cuivre. Comme tout noble grec, il avait été éduqué à la musique, même si cela n’avait pas toujours été couronné de succès. Néanmoins, il savait se servir de cet instrument, et comprit l’opportunité que lui présentait la déesse. Il grimpa sur une colline proche de la forêt et fit sonner l’instrument de cuivre forgé par Héphaïstos. Les oiseaux, effrayés par ce boucan, s’envolèrent aussitôt, et Hercule n’eut plus qu’à se servir de son arc pour les tuer les uns après les autres.

hercule et oiseaux du lac Stymphale

Hercule et les oiseaux du lac Stymphale (amphore à figures noires, 590-530 avt J.C.)

Cette intervention d’Athéna rappelle, comme ce fut le cas à la naissance du héros, qu’elle sera toujours là pour l’aider à franchir les difficultés.

Acclamé par tous les habitants de la région, Hercule revint triomphant chez Eurysthée, qui n’eut pas le mauvais goût de refuser la validation d’une tâche soutenue par une déesse.

Navigation<< Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 2 : les trois premiers travauxLes Douze Travaux d'Hercule – Partie 4 : la gloire d'Hercule >>

3 reflexions sur “Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 3 : quelques rencontres

  1. Drenagoram Auteur de l'article

    Entre Ruse et Sagesse ,
    D’une Patience à l’épreuve ,
    Il fit face aux Embûches ,
    Et chaque Fois peau Neuve ,
    Il fit preuve d’Adresse ,
    A l’Approche du Fleuve ,
    Et au Dés qu’un Dieux Truche ,
    Appel à la Déesse ,
    Bien avant qu’il ne Pleuve ,
    Il était en Destins ,
    Par les Faits de ses Mains.
    NéO~

    1. Gwenn Auteur de l'article

      Son destin est encore loin d’être entre ses mains 🙂
      Le pauvre n’est qu’au début de son long parcours vers l’immortalité, et j’ai parfois l’impression que les douze travaux sont presque une promenade de santé par rapport à ce qu’il affrontera par la suite. Mais chaque chose en son temps, et précipiter le récit n’est pas forcément le mieux. 😉
      Alors oui, autant compter sur ses atouts et l’aide d’Athéna, pour sortir en glorieux vainqueur de ces épreuves.

Laisser un commentaire