Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 7 : La descente aux Enfers

Nous avions laissé Hercule à son retour du tour de Méditerranée qu’il a dû entreprendre pour ramener le troupeau de Geryon à Eurysthée. Les dix premiers travaux sont donc terminés, et cela fait plus de huit ans désormais que le héros grec s’y est attelé.

Eurysthée, cependant, ne reconnut pas deux de ces épreuves : l’Hydre de Lerne, où il s’était fait aidé par son neveu Iolas, et les écuries d’Augias, où il avait réclamé une récompense. Le roi ajouta donc deux épreuves en compensation et plaça la barre très haut : ces deux voyages le feront quitter notre monde pour aller dans des terres bien au-delà du monde connu.

Les narrateurs ne s’accordent pas sur l’ordre de ces deux épreuves. Depuis le début, j’ai décidé de choisir l’ordre donné par Diodore de Sicile dans sa Bibliothèque Historique, bien qu’Apollodore, par exemple, donne l’ordre inverse.

On va donc commencer par l’épreuve qui fait descendre Hercule dans les enfers grecs, puisqu’il doit en ramener le gardien de ces lieux, Cerbère, le chien à trois têtes.

Hercule et Cerbère dans les Enfers (amphore à figures noires)

Pour Hercule, ayant déjà accompli des prouesses, ce n’était qu’un exploit de plus, qui ne ferait qu’ajouter du prestige à sa réputation déjà excellente. Peu importe que l’adversaire ne soit cette fois pas de chair et de sang. Il existait de nombreuses entrées au royaume des morts, et Hercule savait qu’il s’en trouvait une tout au sud de la Grèce, près du temple de Poséidon. Mais alors qu’il sortait de Mycènes, on l’informa qu’on ne pouvait pas entrer comme ça dans l’Hadès, et qu’il fallait une certaine préparation. Pour cela, il fallait se rendre à Eleusis, où les prêtres de Déméter (déesse de l’agriculture, aussi la mère de Perséphone, qui est la femme d’Hadès) connaissaient les « mystères » nécessaires pour entrer en toute sérénité dans les Enfers grecs. Hercule changea donc de cap et se rendit à Eleusis, une ville voisine de quelques kilomètres d’Athènes.

Les prêtres d’Eleusis accueillirent le héros et lui expliquèrent les formalités à accomplir avant même d’être initié aux mystères : être adopté par un grec, et être purifié du sang qu’on a versé (ce qui promet d’être une étape intéressante pour Hercule).

Un prêtre, Eumolpos, s’occupa personnellement d’Hercule. Au vu de la réputation du héros, il n’eut aucune difficulté à lui trouver un père adoptif. La purification, par contre, se révéla plus délicate, surtout après le massacre des Centaures. Mais enfin, il fut prêt à être initié aux mystères. Ces mystères n’avaient pas pour vocation à fournir l’immortalité, mais à vaincre la peur de la mort et donc être prêt à affronter les épreuves du royaume des morts.

Une fois initié, Hercule descendit enfin dans les Enfers. De cet épisode, Diodore de Sicile raconte juste qu’il fut accueilli « comme un frère » par Perséphone, et qu’il ramena sans difficulté Cerbère dans le monde supérieur pour le montrer à Eurysthée. Apollodore est plus complet sur ce que traverse le héros dans le monde des morts, et nous allons donc à partir de maintenant suivre son récit.

Après avoir suivi un long tunnel obscur, Hercule atteignit le Styx, ce fleuve qui traversait le royaume des morts. Charon apparut bientôt sur sa barque et se pétrifia d’effroi en voyant le héros, bien en vie et si déterminé. Hercule profita de cette absence de réaction pour embarquer, et Charon le fit traverser en silence, incapable de se remettre de sa peur. Hercule entra alors vraiment dans l’Hadès.

Là, toutes les âmes le fuirent, sauf deux d’entre elles : le spectre de la Gorgone et celui de Méléagre, ce prince tué par sa mère parce qu’il avait lui-même tué ses oncles sous un coup de colère. Alors qu’Hercule pointait son arc tour à tour sur les deux fantômes, Méléagre le rassura et lui expliqua qu’il était inutile de tirer sur des ombres. Hercule l’écouta alors et il s’entendit proposer la main de la sœur du héros, Déjanire. Les deux âmes disparurent ensuite, et Hercule continua son chemin.

Plus loin, il rencontra Thésée et Pirithoos enchaînés au sol. Ce dernier avait voulu demander la main de Perséphone, épouse d’Hadès, et avait convaincu le héros athénien de l’accompagner dans sa quête, qui fut de toute évidence un échec. Hercule aida alors son ami et brisa leurs chaînes. Il réussit à prendre Thésée par la main pour le mettre debout et le sauver, mais il n’eut pas le temps de faire de même avec Pirithoos : l’homme fut englouti par un tremblement de terre. Plus loin encore, il rencontra Ascalaphos écrasé par un rocher. C’était la punition de Déméter, déesse de l’agriculture, pour avoir condamné sa fille Perséphone aux Enfers. Hercule, pris de pitié, décida de faire rouler le rocher. Mais sitôt Ascalaphos libre, Déméter le transforma en chouette hulotte.

Ascalaphos transformé par Déméter en chouette hulotte

Arrivé près des portes du royaume des morts, Hercule sacrifia une des bêtes du troupeau d’Hadès. Mais le gardien de ce troupeau, Ménétès, qu’Hercule avait déjà rencontré lorsqu’il avait récupéré le troupeau de Geryon, intervint, et les deux hommes se battirent. Perséphone intervint, et le bouvier put repartir. Une fois le prix du sang versé, Hercule entra au cœur du royaume des morts pour rencontrer Hadès en personne.

Le dieu lui accorda la permission de ramener Cerbère dans le monde des vivants, sous deux conditions. La première était évidemment de ramener l’animal une fois vu par Eurysthée, et la deuxième était de vaincre le fabuleux monstre à trois têtes, sans aucune arme. Hercule alla alors trouver Cerbère. Le chien de garde d’Hadès était proprement terrifiant : en plus de ses trois têtes de chien, il avait une queue de dragon et tout son dos était parcouru par une crête formée de têtes de serpents. Armé de sa seule cuirasse et protégé par sa peau de lion, Hercule lui entoura le cou jusqu’à faire suffoquer la bête. Il le libéra de son étreinte et l’emmena à Eurysthée.

Après avoir traversé Mycènes en tenant le monstre en laisse comme un animal de compagnie, affolant ainsi la population, le héros entra dans le palais royal, bien décidé à effrayer une nouvelle fois Eurysthée. La réaction du roi fut sans aucun doute à la hauteur de ses espérances : il se précipita encore au fond de sa jarre et n’accepta d’en sortir que lorsque Hercule eut ramené Cerbère à son véritable maître.

Hercule montre Cerbère à Eurysthée (amphore à figures noires)

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3 reflexions sur “Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 7 : La descente aux Enfers

  1. Drenagoram Auteur de l'article

    Bonsoir Gwenn ,
    En des Sentes de l’en Faire , il ne reste que l’âme ,
    Volonté de ses Mains , Aux Chemins dessous Terre ,
    Un Cerbère n’est pas Rien , Haut Regard de l’Hadès ,
    Mais Sagesse et Force Pure , Ont Raisons de la Bête ,
    Au Pas Sage d’un Hercule , Un Travail plein de Charmes ,
    Qu’est ce l’Ombre du Styx , dans les Flots de ses Chaires ,
    A se Jouer des Bons Maux , Le Colosse Tient en Laisse ,
    Un Gros Chien pour son Roi , De quoi Gacher la Fête 🙂
    NéO~
    Amitié~

    1. Gwenn Auteur de l'article

      Voilà un regard original sur ce travail ! 😉 Eurysthée a du apprécier le confort de son vase, en effet !
      Mais j’avoue que j’ai du mal à voir Hercule… sage… 🙂

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