Le triskèle, symbole celtique par excellence

Le triskèle est le plus connu des symboles celtiques. Représentant le chiffre trois, cher aux celtes, associé selon son dessin à d’autres symboles du monde celtique, il est celui qui est le plus souvent vu, repris et interprété.

Un type de triskèle "classique" à spirales

Un type de triskèle « classique » à spirales

Deuxième type de triskèle "classique", à arcs de cercle

Deuxième type de triskèle « classique », à arcs de cercle

Quel est le sens de ce symbole ? Quelle importance avait-il aux yeux du peuple celte ?

Le chiffre trois

Son nom l’indique, le triskèle est un symbole du chiffre trois, nombre quasiment sacré pour les celtes. De nombreux thèmes, légendes, symboles… vont par trois : des trois déesses sœurs qui ont assisté le peuple celte dans son installation sur l’île d’Irlande (l’une d’elles, Eriu, donne son nom gaélique à l’île : Eire), aux trois classes « savantes » de la communauté celte : les druides et les bardes, bien entendu, mais aussi les devins/prophètes, en passant par les trois Nobles Airs joués par le Dagda avant la bataille des Tuatha de Danann contre les Fomoires, les trois éléments primordiaux de la nature : eau, air et terre (le feu ayant besoin d’un élément terrestre et de l’air comme combustible)…

On peut y voir aussi le temps, avec la trinité passé – présent – futur (que l’on retrouve dans les fonctions respectives du druide historien, du barde satire du roi et du devin), voire les trois âges de la vie : enfance – âge adulte – vieillesse… représentés par la Déesse, tour à tour vierge, mère et vieille femme dans la tradition celtique souvent reprise aujourd’hui dans les croyances et les calendriers néo-païens.

Toujours autour des dieux et déesses, le chiffre trois apparaît dans nombre de leurs attributs. Je viens de citer les trois airs joués par la harpe du Dagda, mais on peut aussi mentionner la déesse Brigit, parfois divisée en trois déesses sœurs, portant le même nom, signifiant « l’Exaltée » : une déesse de la poésie, une déesse de la guérison/de la médecine, et une déesse de la forge.

Les trois Exaltées : Brigit la poétesse, Brigit la guérisseuse et Brigit la forgeronne

Les trois Exaltées : Brigit la poétesse, Brigit la guérisseuse et Brigit la forgeronne

Le triskèle représente donc trois entités intimement liées dans une forme inscrite dans un cercle, visible ou non.

La forme du triskèle

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, le triskèle peut prendre (au moins) deux formes différentes, déclinées à volonté : les spirales et les arcs de cercle. Sur l’île de Man, entre autre, on voit même des jambes, en lieu et place des spirales. D’ailleurs, le mot-même de triskèle signifie en grec « trois jambes ».

L'emblème de l'île de Man : un triskèle à trois jambes

L’emblème de l’île de Man : un triskèle à trois jambes

On constate qu’on a toujours une forme à géométrie circulaire. Le cercle, comme dans beaucoup de civilisations, a une symbolique forte pour les celtes : la forme parfaite, l’éternel recommencement…

La forme du motif a également son importance : en spirales ou en arc de cercle, la symbolique peut être différente. Il faut garder à l’esprit que toute interprétation n’est que supposition : le savoir celtique était un savoir oral et non écrit, les traces que l’on a retrouvé restent assez incomplètes et il est impossible d’avoir des certitudes. Cependant, avec ce qu’on connait de ce peuple, on peut émettre certaines hypothèses quant à la symbolique du triskèle, notamment en fonction de la façon dont il est formé.

Un triskèle en spirale sur la pierre à l'entrée de Newgrange (Co. Meath, Irlande), le plus ancien triskèle connu

Un triskèle en spirale sur la pierre à l’entrée de Newgrange (Co. Meath, Irlande), le plus ancien triskèle connu

Le triskèle à spirales est le plus courant des deux types dits classiques. Représentation de la Roue-Soleil du Dagda, de l’énergie et du dynamisme de la vie, beaucoup de significations sont possibles. Les spirales, motif important dans la symbolique celtique, indique l’initiation, le cheminement progressif de l’extérieur de la spirale vers l’intérieur, un trajet dont l’évolution est plus importante que l’objectif final. C’est pour cela que les sens de la vie et du temps qui passe attachés au triskèle ne sont pas à écarter.

Le triskèle à arcs de cercle est le deuxième type de triskèle, moins connu, et supposément à la signification légèrement différente. En suivant les arcs de cercle, on peut parcourir l’intégralité du triskèle, contrairement aux spirales, où une fois le centre atteint, on ne peut en parcourir qu’une seule autre branche sans passer deux fois par le même chemin. Là, pas de point central à atteindre, où alors pour s’en éloigner immédiatement, pour y revenir plus tard par un autre arc de cercle. Peut-on y voir les aléas qui jalonnent toute vie, qui, alors qu’on s’approche du but qu’on s’est fixé, nous en éloignent et nous obligent à trouver une autre voie pour parvenir à nos fins ? Cela serait mon point de vue personnel, qui, en l’état actuel des connaissances, peut très bien se valoir.

A chacun de trouver la signification qui lui parlera le plus et le rapprochera de façon intime du triskèle.

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