La Grande Bretagne aux temps d’Arthur, la carte

J’ai constaté que nombre d’entre vous cherchaient une carte de la Grande Bretagne aux temps d’Arthur et étaient attirés sur ce blog par ma rubrique « La carte du Monde Arthurien », qui est la carte de mon monde arthurien, c’est-à-dire des articles que j’ai écrit à ce sujet à ce jour.

Cependant, l’idée d’une carte concernant le monde d’Arthur n’est pas inintéressante, puisque lorsqu’on lit les légendes de la matière de Bretagne, de nombreux lieux sont cités, mais restent difficiles à situer. Ils ont pu changer de nom, leur emplacement est mystérieux, voire complètement imaginaire.

Voici donc une carte que je trouve assez complète. Malheureusement, aucun crédit n’était donné, et je ne peux pas en remercier son auteur. J’espère toutefois qu’elle vous permettra de mieux comprendre les lieux de la légende.

Les deux Bretagnes aux temps d'Arthur

Les deux Bretagnes aux temps d’Arthur

Voici les explications sur les différents lieux :

Tout d’abord, les trois noms des régions de Grande Bretagne (Galles, Logres et Ecosse) sont très synthétiques : on trouve dans chacune de ces régions de nombreux rois, seigneurs, ducs et comtes.

Les Cornouailles

C’est un royaume assez inhospitalier, situé à l’extrême sud-ouest de la Grande Bretagne. Ses rois sont souvent associés à Arthur, soit parce qu’ils sont membres de sa famille (sa mère est l’épouse du roi de Cornouailles, puis sa sœur ou un de ses cousins, suivant les légendes, prendront sa place), soit parce que le roi est un ami proche et un fidèle conseiller du Grand Roi de Bretagne, donc d’Arthur.

Tintagel

On trouve sur la côte nord des Cornouailles le château de Tintagel, demeure imprenable de ces puissants rois. A l’emplacement communément admis, on trouve en effet un vieux château en ruine, devenu aujourd’hui attraction touristique pour les amateurs de la légende de Bretagne. Cependant, de nombreux historiens réfutent cette théorie, parce que le château aurait été construit bien après l’époque d’Arthur. Aux temps de la légende, on devait trouver plutôt un monastère à forte tendance celtique, les habitants des Cornouailles étant réputés pour leur attachement aux traditions séculaires. Les légendes sont néanmoins fortes, puisque sous le château de Tintagel se trouve la Cave de Merlin, une grotte difficile d’accès.

Le château de Tintagel (crédit IDS.photo)

Le château de Tintagel (crédit IDS.photo)

Glastonbury

L’Île de Verre ou l’Île aux Prêtres. Ce n’est pas vraiment une île, mais un monticule surélevé, sur lequel se trouve les ruines d’une abbaye. Glastonbury serait l’île « jumelle » de l’île d’Avalon. Ces deux îles n’en formaient autrefois qu’une seule, et les prêtres et les druides auraient vécu en harmonie. Lors de la montée en puissance du christianisme, interdisant les rites païens, la partie d’Avalon se serait détachée de Glastonbury et aurait disparu dans les brumes, qui se faisaient plus épaisses à mesure que les croyances celtiques disparaissaient de Grande Bretagne.

Camelot

Sur la carte orthographié « Cammalott », ce lieu n’existe pas encore au temps de Geoffroy de Monmouth, et est apparu plus tard dans les légendes, jusqu’à en faire le siège d’Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde. L’Histoire des Rois de Bretagne a choisi la ville de Kerleon, et souvent, les légendes racontent comment Arthur provoque le déménagement entre ce vieux château et la fortification fraîchement bâtie de Camelot. Aujourd’hui, aucune trace visible de ce château, mais des archéologues ont repéré des traces d’anciennes fortifications pouvant correspondre à une place fortifiée telle qu’elle aurait pu l’être au VIème siècle. Point de château de pierre cependant, ce type de construction n’apparaissant que quelques siècles plus tard.

Winchester

La ville où, à la mort d’Uther, Arthur récupère Excalibur plantée dans son rocher. Aujourd’hui, on trouve dans le hall du château de Winchester une table ronde massive, avec une représentation d’Arthur et les noms des vingt-quatre chevaliers inscrits sur le pourtour. Petite anecdote, l’Arthur représenté sur la table aurait été repeint au 16ème siècle pour ressembler à Henri VIII.

Table Ronde associée à Arthur et ses chevaliers, dans le Grand Hall du château de Winchester

Table Ronde associée à Arthur et ses chevaliers, dans le Grand Hall du château de Winchester

Stonehenge

Entre Glastonbury et Winchester se trouve le cercle de pierre mondialement connu de Stonehenge. Selon la légende arthurienne, et plus particulièrement Geoffroy de Monmouth, ce serait Merlin qui aurait amené le cercle de pierre là, en droite provenance d’Irlande, en souvenir des seigneurs tombés lors d’une violente bataille. Toujours selon Monmouth, la provenance des pierres avait son importance car ce cercle bâti par les géants d’Irlande aurait des propriétés magiques de guérison.

Brocéliande

La mythique forêt de la Petite Bretagne aurait été le lieu de rencontre de Viviane et de Merlin. Elle n’apparait pas dans les premières légendes, mais prend toute sa place avec l’expansion du côté mystique de la matière de Bretagne. Aujourd’hui, on y trouve des sentiers consacrés à ces légendes, permettant de retrouver certains de ces lieux emblématiques.

Le Mont St Michel

Le Mont St Michel est le lieu d’un des hauts-faits d’Arthur. C’est là qu’il aurait vaincu un géant mangeur de jeunes filles, alors que le Mont n’avait encore rien de chrétien.

Voici à mes yeux les lieux importants de la légende d’Arthur. En voyez-vous d’autres ? Avez-vous des précisions par rapport à certains d’entre eux ?

4 reflexions sur “La Grande Bretagne aux temps d’Arthur, la carte

  1. gaelle

    Gwenn,je suis d’accord avec vous.Toutes les légendes ont un fond de vérité et celle du Roi arthur n’y échappe pas.Si celle-ci a été créee c’est que au fil du temps un personnage d’une grande importance a laissé une telle empreinte dans la mémoire collective qu’ il fallait que son histoire perdure.Quant à sa véritable identité?on ne la connait toujours pas.Peut-ètre un jour,qui sait…

    1. Gwenn Auteur de l'article

      Je doute qu’on puisse la connaître un jour, à moins de retourner dans le temps… Plus le temps passe, plus la mémoire s’efface elle aussi. Il y a trop peu de « passeurs d’histoire(s) » et trop peu de personnes pour les écouter.
      Quand on voit que le château de Camelot est une évidence aujourd’hui pour la très grande majorité des personnes, alors que ces châteaux ne sont apparus que quelques siècles après l’époque supposée d’Arthur… Alors certes, ils font plus rêver, avec leurs tours et leurs donjons, que les fortins de bois et de terre, mais on s’éloigne chaque jour d’avantage d’une possible vérité.
      Heureusement, les légendes servent aussi (et surtout) à rêver 🙂

  2. Serge

    -Je crois que beaucoup de gens considère la Légende du roi Arthur comme véritable alors que c est une légende. Tout comme Troie qui demeure une oeuvre littéraire écrit AV. Jésus Christ qui demeure une oeuvre fictive et non historique.

    1. Gwenn Auteur de l'article

      Bien sûr que c’est une légende, bâtie par des rois pour asseoir leur pouvoir sur le trône, basée sur la croyance populaire qu’un grand chef pourrait enfin apporter la paix à leur pays.
      Cependant, je nuancerais : la plupart des légendes, y compris celles d’Arthur ou de Troie, ont des racines de vérité, profondément ancrée dans la mémoire collective. Les ajouts littéraires de la suite, la perte des sources orales et écrites originelles… feront qu’on ne saura sans doute jamais ce qui est vrai ou ce qui a été inventé.
      Camelot, Avalon, la Table Ronde… tout ça peut être remis en question, mais je fais partie de ceux qui croient qu’un chef de guerre a effectivement existé au sixième siècle, assez bon stratège pour amener le temps d’une génération la paix sur l’île de Grande Bretagne… Ce qui est déjà un vrai exploit pour l’époque, digne d’entrer dans les légendes 😉

Laisser un commentaire