Les Douze Travaux d'Hercule – Partie 4 : la gloire d'Hercule

On continue notre périple dans les aventures d’Hercule. Nous avons déjà découvert pourquoi il avait du se soumettre à ces douze travaux, puis les trois premiers, qui se passèrent sans réelle encombre, et enfin les deux suivants, ainsi que quelques rencontres pour le moins étonnantes.

Au cours des deux travaux dont nous allons parler aujourd’hui, on découvre un Hercule de plus en plus célèbre, et qui n’hésite pas à en jouer, au plus grand malheur d’Eurysthée. Je n’aborde que deux travaux, parce qu’ensuite Hercule aura fort à faire, sans que cela lui soit demandé par son roi. Je vous laisse découvrir ses exploits… divins.

Hercule chez Augias

Hercule dérivant le cours du fleuve (dessin, Nicolas Poussin, XVIIè s.)

Les écuries d’Augias

Ce fut le travail le plus humiliant que demanda Eurysthée à Hercule. Le roi voulait vraiment donner honte à ce demi-dieu de plus en plus admiré. Et quoi de plus humiliant que de nettoyer des écuries putrides ? Hercule n’avait pas d’autre choix que d’accepter, alors il se rendit en Elide, royaume d’Augias, avec la ferme intention de ne pas y consacrer plus d’une journée. Néanmoins, lorsqu’il arriva, il fut submergé par l’odeur : les champs étaient couverts de purin, et les bêtes, en très grand nombre, évoluaient dans ces immondices.

Car Augias tirait grande fierté de son bétail. Fort de trois mille têtes, il comptait aussi douze taureaux argentés consacrés à son père Hélios, dieu du soleil, ainsi que deux cent taureaux rouges et trois cents taureaux noirs à patte blanche. En plus d’être rares et magnifiques, ces bêtes étaient extrêmement prolifiques, ce qui expliquait l’ampleur du troupeau.

Les écuries d’Augias étaient dans un état pire encore que les champs alentours, qui pourtant menaçaient déjà les contrées voisines de leurs effluves. Les bâtiments n’avaient pas été nettoyés depuis trente ans, et Hercule comprit rapidement que la tâche serait plus dure que prévue. Néanmoins, il était rusé. Augias ne sachant pas qu’Hercule venait sur ordre d’Eurysthée, le héros conclut un marché avec lui : s’il réussissait à nettoyer les écuries en une journée, le roi devrait lui donner un dixième de son formidable troupeau. Augias accepta, prenant son fils à témoin de leur accord.

Hercule ne chercha pas à déblayer les écuries à la main. Se disant qu’il aurait de toute façon besoin de beaucoup d’eau pour nettoyer tout ça, il imagina rapidement un système très simple (à ses yeux). Il perça dans les parois opposés des bâtiments un grand trou à coup de masse, puis gagna les hauteurs voisines, desquelles s’écoulaient deux fleuves, l’Alphée et le Pénée. Il creusa deux tranchées qui partaient de ces fleuves jusqu’aux écuries, puis boucha les deux rivières avec de gros rochers. Les eaux s’engouffrèrent dans les canaux qu’il venait de creuser et traversèrent littéralement les écuries avant de rejoindre leur cours habituel, emportant avec elles les immondices.

Quand les écuries furent propres, Hercule rétablit le cours normal des deux fleuves, boucha le trou des écuries, et alla trouver Augias pour demander son dû. Le roi, de mauvaise foi, nia tout accord. Lorsque son fils vint soutenir Hercule, il les fit bannir tous les deux de son royaume. Hercule ne s’en alla pas avant de promettre à Augias de venir chercher son dû un jour ou l’autre, de gré ou de force.

Lorsqu’il rentra à Mycènes, Eurysthée ne fut que moyennement satisfait : Hercule n’avait normalement aucun droit à avoir une rémunération pendant ces douze travaux.

Le taureau de Crète

Cette nouvelle tâche introduit une nouvelle dimension dans les travaux d’Hercule. En effet, Eurysthée, quelque peu inquiet de la célébrité grandissante du demi-dieu, décida que de l’envoyer vadrouiller dans le Péloponnèse risquait de lui simplifier grandement ses travaux, maintenant que tout le monde chantait ses louanges et était prêt à l’aider. A partir de maintenant, donc, Hercule devra voyager toujours plus loin.

Et on commence par la Crète, avec le taureau noir de Minos, qu’Eurysthée réclame à Hercule. Ce taureau était un animal divin, créé par Poséidon pour que le roi de Crète puisse le lui sacrifier. Mais Minos trouva l’animal si superbe qu’il le garda pour lui et décida de sacrifier un autre animal au dieu des mers. Celui-ci ne fut pas dupe de la supercherie, et se vengea en rendant le taureau agressif et fou, et surtout en rendant Pasiphaé, la femme de Minos, follement amoureuse du taureau, jusqu’à inventer un stratagème pour concevoir avec lui un enfant qui ne sera autre que le Minotaure. Alors que le Minotaure était enfermé dans le célèbre labyrinthe de Dédale, son père détruisait consciencieusement la Crète, en ravageant les cultures et blessant les habitants.

Inutile de préciser que Minos fut donc assez content de l’arrivée d’Hercule sur l’île, et il ne se fit pas prier pour céder le taureau divin. Hercule parcourut donc l’île pour retrouver l’animal. Quand ce fut fait, il engagea un combat féroce avec lui, tantôt sautant sur lui pour le dominer, tantôt échappant à un violent coup de corne. Ce combat le fit traverser l’île de part en part, mais il parvint enfin à épuiser le taureau, qui se montra finalement beaucoup plus docile, à la grande surprise de Minos comme de Poséidon.

Hercule contre le taureau

Hercule contre le taureau de Crète (lecythe à figures noires, 480 av. J.C.)

Hercule possédait à présent une telle emprise sur l’animal sacré qu’il rejoignit le Péloponnèse non pas par bateau mais sur le dos du taureau. Eurysthée, satisfait, fit placer le taureau dans son troupeau, mais l’animal s’échappa. Il traversa la Grèce, détruisant tout sur son passage, et finit par s’installer à Marathon, où il fut finalement tué par Thésée.

Les Jeux Olympiques

Vous allez me dire : « mais ça n’a rien à voir avec Hercule ! » Et bien si, puisque c’est tout simplement lui qui aurait créé ces jeux en l’honneur de son père. Diodore de Sicile raconte que le demi-dieu choisit l’endroit approprié et décida du prix pour le vainqueur, une simple couronne, parce que lui-même n’avait jamais reçu de rétribution pour ses travaux. Il créa aussi différentes épreuves, afin que le meilleur dans chaque discipline puisse se distinguer, car :

ces jeux demandent des qualités fort différentes entre elles. Ainsi, il est difficile à l’athlète ou au pancratiaste de devancer un coureur. De même il est malaisé à ceux qui excellent dans les combats légers de vaincre ceux qui se distinguent dans les combats de force. La victoire appartient donc avec justice à qui est le maître dans tous ces exercices.

La première année, personne n’osa se mesurer à Hercule, et il fut donc logiquement le maître des jeux. A l’occasion de ces épreuves, il reçut de nombreux cadeaux des dieux : Athéna, Héphaïstos, Poséïdon, Hermès, Apollon, qui lui offrirent qui des armes, qui des animaux, qui des objets précieux. Ils étaient particulièrement ravis de le voir faire une trêve pour se consacrer à ces jeux. Zeus en fut tellement ravi qu’il n’osa pas, par la suite, avoir d’autres enfants, de peur qu’ils ne soient pas à la hauteur de ce fils. La mère du héros, Alcmène, fut donc la dernière maîtresse du père des dieux, sans doute à la plus grande joie d’Héra.

Les Géants

Les Géants avaient décidé de faire la guerre aux dieux, et ceux-ci se battirent vaillamment. Hercule aida son père et ses alliés, et tua un grand nombre de ces géants. Ce terme de géants est celui employé dans la traduction de la Bibliothèque Historique dont je dispose, mais je pense qu’il s’agit du mythique combat contre les titans. Je vérifierai ça plus profondément pour en faire un autre article.

A ceux qui avaient participé à cette guerre, Zeus leur donna le nom d’Olympiens. Diodore de Sicile précise que si Dionysos et Hercule ne sont pas dieux à part entière (les deux ont une mère humaine), ils reçurent quand même ce titre, parce que non seulement ils avaient participé, mais aussi parce que, « obéissant aux penchants de leur père, ils avaient adouci par leurs bienfaits la vie des hommes« .

Prométhée

Juste pour rappel, Prométhée est un homme, puni pour l’éternité par Zeus parce qu’il avait volé le feu aux dieux pour l’apporter aux humains. Le châtiment était cruel, puisqu’il devait se faire dévorer le foie par un aigle, qui recommençait à chaque fois que le foie se reconstituait. Hercule trouvait la punition particulièrement terrible, parce que le feu avait été un grand bienfait pour les hommes.

De sa propre initiative, il décida donc de tuer l’aigle d’une flèche et de délivrer Prométhée. Zeus se mit en colère, mais une explication raisonnable de son fils favori le calma, et Prométhée garda sa liberté nouvellement gagnée.

Hercule délivre Prométhée

Hercule et Prométhée (Huile sur toile, Christian Griepenkerl, XIXème s.)

Si je vous raconte ces trois épisodes (les Jeux, les Géants et Prométhée), c’est tout simplement parce qu’ils montrent bien le statut grandissant d’Hercule, qui commence, bien que toujours héros, à gagner sa place parmi les dieux, suffisamment influente pour modérer son père dans ses punitions divines. Honoré des hommes, aimé des dieux, on pourrait penser que plus rien ne peut résister à Hercule. Et pourtant…

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