Le Monde Médiéval

Comment cuisiner une licorne ?

La British Library a dévoilé hier, 1er avril, une de ses plus étonnantes découvertes : un livre de cuisine longtemps perdu et contenant des recettes de hérisson, de merle, ou même de licorne !

Le professeur Brian Trump du British Medieval Cookbook Project a décrit la découverte comme quasi miraculeuse : « Nous avons cherché ce livre pendant des années. Le moment où j’ai posé mes yeux sur ce livre la première fois était bouleversant. »

Détail d’une licorne sur le grill dans le livre de cuisine de Geoffrey Fule, Angleterre, milieu du 14ème siècle (Londres, British Library)

Les experts pensent que le livre de cuisine a été assemblé par Geoffrey Fule, qui a travaillé dans les cuisines de Philippa de Hainault, Reine d’Angleterre de 1328 à 1369. Geoffrey avait la réputation de mélanger des saveurs pour le moins inhabituelles, et tout tend à penser qu’il est à l’origine de cette compilation de recettes.

Après les recettes de hareng saur, de trip ou de codswallop (une potée de poissons, un plat populaire au Moyen-âge) vient la recette commençant par « Taketh one unicorne » (prendre une licorne, en vieil anglais), qui explique qu’il faut faire mariner la bête dans de l’ail et du clou de girofle, puis la rôtir au grill. L’auteur du livre de cuisine, sans doute Geoffrey Fule lui-même, a ajouté des images dans les marges, illustrant la préparation et le service de la licorne.

Sarah J. Biggs, une experte des enluminures médiévales à la British Library, explique que « ces images sont extraordinaires, presque exactement ce qu’on attendait d’elles, si ce n’est mieux ».

Une dame apporte la tête de la licorne à table (Londres, British Library)

On pense que la recette des merles est à l’origine de la comptine traditionnelle anglaise :

Sing a song of sixpence
A pocket full of rye
Four-and-twenty blackbirds
Backed in a pie

Chantez une chanson de six sous
la poche pleine de seigle
vingt-quatre merles
cuits dans une tourte

Le professeur Trump ajoute qu’il a été tenté par quelques recettes, mais soupçonne que certains ingrédients clés seront particulièrement difficiles à trouver : « Malheureusement, ils ne proposent pas de licorne à mon supermarché habituel ».

Les restes de la licorne (Londres, British Museum)

J’ai comme une envie de feuilleter ce livre, mais j’ai aussi l’impression qu’il sera rapidement égaré à nouveau ;)

Source

texte et images : The British Library (traduction libre par mes soins)

4 commentaires

  1. Une Bien Triste Faim , pour son Altesse Cornée ,
    La Magie Cuisinée , peut elle remplacer le Pain ?
    De Bon goût pour l’Anglois , ayant cesse d’Etonner ,
    Elle n’en reste pas moins sciée , le tout de mauvaise Foi .
    ~
    NéO~
    ~
    Becs sans Accords , protégeons Faune et Flore .

    • Pas d’inquiétudes, à la licorne je préfère le poisson, surtout en ces premiers jours d’avril :)
      J’aurais quand même bien aimé voir un tel livre exister, ne serait-ce que par curiosité envers l’imagination de l’auteur. Lui aurait-il donné une saveur équine ou aurait-il tenu compte de la part magique de la licorne ? Malheureusement, il semble aussi insaisissable que la licorne qu’il veut accommoder.

  2. Et à ton avis la licorne c’est bon ? ;-)
    Pour moi qui n’aime pas cuisiner, ce livre m’a presque envie de cuisiner :P .

    • Je ne sais pas, je ne connais pas le goût du cheval. Je suppose que ça doit être similaire. Personnellement, j’imagine ça tout de même un peu plus doux, plus léger (c’est une licorne, dont on parle, quand même)…
      Moi, j’imagine surtout le cuisinier présenter de la viande (quelle qu’elle soit, mais sans doute justement du cheval) comme étant de la licorne pour épater les invités de son seigneur… Avec une jolie corne taillée et polie dans du bois, histoire de parfaire la présentation… :)

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