Hansel et Gretel

J’ai fait découvrir à ma petite sœur de 13 ans la série américaine Once Upon A Time. Si vous n’en avez pas entendu parler, le pitch est assez simple : tous les personnages de conte vivent dans un même monde (le Petit Chaperon Rouge est même l’une des meilleures amies de Blanche-Neige). Suite à une malédiction de la méchante Reine (celle du conte de Blanche-Neige), ils se retrouvent tous à vivre sans souvenirs de leur ancienne existence dans un monde horrible, le nôtre (horrible car sans aucune magie). Comment vont-ils pouvoir se libérer de la malédiction et retourner chez eux, voilà l’objet de la série. Du coup, on retrouve d’épisode en épisode tout un tas de personnages tous plus connus les uns que les autres.

Ma petite sœur connaissait la plupart d’entre eux, mais bloquait sur Hansel et Gretel, les enfants abandonnés des contes de Grimm. J’ai la triste impression que ses connaissances des vieux contes se limitent parfois à ce que Disney a transposé. Alors, autant lui faire découvrir ici ce conte traditionnel, ainsi qu’à tous ceux qui ne le connaissent pas encore. Vous pouvez aussi retrouver ce conte sous le titre de Jeannot et Margot, qui sont les noms des deux enfants dans la version française.

Voici donc le conte dans la version des frères Grimm. Vous trouverez de nombreuses similitudes avec le Petit Poucet, qui est également un conte transmis oralement pendant des générations, et collecté par Perrault, en France.

Hansel et Gretel dans la série américaine Once Upon A Time (2012)

Hansel et Gretel dans la série américaine Once Upon A Time (2012)

Près d’une grande forêt vivaient un pauvre bûcheron, ses deux enfants et sa femme ; le garçon s’appelait Hansel, et la fillette Gretel. Le bûcheron était si pauvre qu’il avait du mal à nourrir ses enfants, mais lorsque survint la famine dans le pays, même le pain vint à manquer.

Un soir qu’il ne pouvait dormir et qu’il se retournait dans son lit, il dit à sa femme : « Qu’allons-nous devenir ? Et comment pourrions-nous faire manger nos enfants quand nous n’avons rien à manger nous-mêmes ? »

-Sais-tu quoi, mon homme ? Demain matin, de très bonne heure, nous emmènerons les enfants dans la forêt, là où elle est le plus épaisse. Nous leur préparerons un feu, et nous leur donnerons à chacun un dernier morceau de pain, puis nous irons à notre travail et nous les laisserons seuls. Ils ne retrouveront plus le chemin de la maison et nous en serons débarrassés.
-Non, femme, je ne peux pas faire cela ! dit-il. Comment prendrais-je sur mon cœur de laisser mes enfants tout seuls dans la forêt, avec les bêtes sauvages qui ne tarderaient pas à les dévorer ?
-Idiot que tu es ! dit la femme. Nous allons donc mourir de faim tous les quatre, et il ne te reste plus qu’à raboter les planches pour nos cercueils !

Sans lui laisser ni trêve ni repos, elle continua et insista jusqu’à ce qu’il eût consenti, car la misère avait endurci le cœur de la femme.

-Mais quand même, dit l’homme, j’ai grand regret de mes pauvres enfants.

Les deux enfants, qui ne pouvaient dormir à cause de la faim, avaient entendu les paroles de la marâtre. Gretel, en pleurant des larmes amères, dit à Hansel :

-A présent, c’en est fini de nous !
-Console-toi, Gretel, ne te mets pas en peine, dit Hansel, j’aurai tôt fait de nous tirer de là.

Et quand les parents furent endormis, il se glissa à bas du lit, enfila sa petite veste, courut jusqu’à la porte basse qu’il ouvrit et se glissa dehors.

La lune ronde faisait briller le gravier, devant la maison, et les petits cailloux étaient comme autant de sous neufs.

Hansel se baissa et en ramassa tant qu’il put en mettre dans ses petites poches ; puis il rentra et dit à Gretel : « Tranquillise-toi, ma chère petite sœur, tu peux dormir en paix : Dieu ne nous abandonnera pas. » Puis il se remit au lit.

A la pointe du jour, bien avant le lever du soleil, la femme s’en vint réveiller les deux enfants :

-Debout ! paresseux, leur dit-elle, nous allons dans la forêt pour y faire du bois.

Ensuite, elle leur donna à chacun un petit bout de pain en leur disant :

-C’est pour midi ; mais ne le mangez pas avant, car vous n’aurez rien d’autre.

Gretel serra le pain sous son tablier puisque Hansel avait les cailloux plein ses poches ; et en route pour la forêt.

Après un petit bout de chemin, Hansel s’arrêta et se retourna pour jeter un coup d’œil du côté de la maison, puis encore un peu plus loin, et encore, et encore il recommençait la même chose.

-Qu’est-ce que tu as à toujours regarder et traîner derrière ? lui dit son père. Tâche de faire attention et n’oublie pas de faire marcher tes jambes !
-Oh ! père, c’est mon petit chat blanc que je regardais : il est monté sur le toit et veut me dire adieu.
-Idiot, dit la femme, ce n’est pas ton chat : c’est le soleil levant qui luit sur la cheminée !

Mais Hansel n’avait ni regardé, ni vu son petit chat ; il avait seulement tiré chaque fois un caillou blanc de sa poche pour le jeter sur le chemin.

Hansel tire un caillou

 

Lorsqu’ils furent arrivés au beau milieu de la forêt, le père dit : « A présent, les enfants, vous allez ramasser du bois : je vais faire un feu pour que vous n’ayez pas froid. » Hansel et Gretel rapportèrent du bois mort et en firent une petite montagne.

Le feu fut allumé, et quand la flamme fut bien haute, la femme dit : « Vous, les enfants, couchez-vous près du feu et reposez-vous pendant que nous allons plus loin faire du bois. Nous reviendrons vous chercher quand nous aurons fini. »

Hansel et Gretel s’assirent sagement près du feu, et quand ce fut midi, chacun mangea son pain.

Ils croyaient que leur père n’était pas loin, parce qu’ils entendaient les coups de la cognée ; mais ce n’était pas sa hache qu’ils entendaient frapper : c’était une grosse branche qu’il avait attachée de telle sorte que le vent la fit battre çà et là. Et comme ils étaient restés longtemps, ils eurent les yeux lourds de fatigue et ils finirent par s’endormir.

Quand ils se réveillèrent, la nuit était noire. Gretel commença à pleurer en disant : « Comment allons-nous faire à présent pour sortir de la forêt ? » Mais Hansel la réconforta et lui dit : « Attends seulement que la lune se lève, et nous trouverons bien le chemin. »

Et quand la lune fut levée, Hansel prit Gretel par la main et emmena sa petite sœur en suivant le chemin tracé par les cailloux blancs, qui luisaient comme des sous neufs. Ils marchèrent toute la nuit et n’arrivèrent qu’à la pointe du jour devant la maison de leur père.

Ils frappèrent à la porte et la femme vint ouvrir. Quand elle vit Hansel et Gretel, elle s’écria : « Méchants enfants ! Dormir si longtemps dans la forêt, en voilà des façons ! Nous avons crus que vous ne vouliez plus jamais revenir. » Le père, par contre, se réjouit de les revois, car son cœur lui pesait de les avoir abandonnés.

Mais au bout de très peu de temps, ce fut de nouveau la misère chez eux ; et de nouveau les enfants entendirent leur belle-mère qui disait à leur père : « Voilà que tout est encore mangé : une demi-miche de pain, c’est tout ce qu’il nous reste. Il faut expédier les enfants, mais cette fois, nous les mènerons au cœur de la forêt pour qu’ils n’arrivent pas à retrouver leur chemin ; autrement, pas de salut pour nous. »

L’homme se sentit un gros poids sur le cœur et pensa : « Mieux vaudrait partager avec les enfants la dernière bouchée ! » Mais sa femme ne voulut rien entendre ; elle le rabroua, au contraire, le houspilla et l’accabla de reproches.

Qui dit A doit aussi dire B, et puisqu’il avait consenti la première fois, il fallut bien qu’il cédât la seconde aussi.

Mais les enfants ne dormaient pas, et ils avaient surpris tout le dialogue.

Aussi Hansel se leva-t-il quand les vieux se furent endormis, voulant se glisser dehors comme la première fois.

Mais cette fois la mère avait verrouillé la porte et il ne put sortir. Néanmoins, il réconforta sa petite sœur et lui dit : « Ne t’inquiète pas, Gretel, ne pleure pas et dors tranquille : Dieu nous assistera encore. »

Au petit matin, la femme vint tirer les enfants du lit, mais le petit bout de pain qu’ils reçurent était encore plus petit que celui de la dernière fois.

En route vers la forêt, Hansel l’émietta dans sa poche et s’arrêta de temps en temps pour en jeter une miette sur le chemin.

-Hansel, que fais-tu à traîner en arrière ? gronda le père. Allons, avance !
-C’est mon petit pigeon blanc que je regardais, dit Hansel : il est perché sur le toit et veut me dire adieu.
-Idiot, ce n’est pas ton petit pigeon, dit la femme, c’est le soleil levant qui luit sur la cheminée !

Ce qui n’empêcha pas le garçon de jeter de place en place toutes les miettes de son pain sur le chemin.

La femme emmena les enfants bien plus avant dans la forêt, dans un endroit qu’ils n’avaient jamais vu de leur vie. Un grand feu fut préparé de nouveau et la mère leur dit : « Restez là, les enfants, et quand vous serez fatigués, vous n’aurez qu’à dormir un peu : nous allons faire du bois un peu plus loin et ce soir, quand nous aurons fini, nous viendrons vous chercher. »

Lorsque ce fut midi, Gretel partagea son peu de pain avec Hansel, puisqu’il avait émietté son morceau tout le long du chemin. Après, les enfants s’endormirent et le temps passa ; l’après-midi s’écoula, puis le soir, mais personne ne revint près des pauvres petits.

Quand ils se réveillèrent enfin, c’était déjà nuit noire, et Hansel consola sa petite sœur en lui disant : « Attends seulement que la lune se lève, Gretel, alors nous pourrons voir les miettes que j’ai répandues et qui nous montreront le chemin jusqu’à la maison. » La lune monta et ils se levèrent, mais ils ne trouvèrent plus une seule miette de pain nulle part, car les milliers de becs des milliers d’oiseaux qui habitaient la forêt les avaient mangées.

-Nous trouverons bien notre chemin quand même, va ! dit Hansel à Gretel.

Mais ils ne le trouvèrent pas.

Ils marchèrent toute la nuit et encore toute la journée du matin jusqu’au soir, mais ils n’étaient toujours pas sortis de la grande forêt ; et comme ils n’avaient mangé que quelques baies sauvages trouvées dans les taillis, quelle faim ils avaient ! Ils étaient tellement fatigués que leurs jambes ne voulaient plus les porter. Alors ils se laissèrent tomber au pieds d’un arbre et s’y endormirent.

Le matin suivant commença leur troisième journée loin de la maison paternelle. Ils se remirent en marche, mais ce fut pour s’enfoncer toujours plus profondément dans la forêt ; s’il ne leur venait pas un prompt secours, ils allaient infailliblement mourir d’épuisement.

Or, vers midi, ils aperçurent sur une branche un bel oiseau blanc comme neige, et il chantait si joliment qu’ils s’arrêtèrent pour l’écouter.

Son chant fini, l’oiseau ouvrit ses ailes et voleta devant eux, et ils le suivirent jusqu’auprès d’une maisonnette, sur le toit de laquelle il alla se poser.

En approchant encore, ils virent que la maisonnette avait des murs de pain d’épices et un toit de biscuit ; quant aux fenêtres, elles étaient de sucre filé.

-Nous allons croquer dedans, que c’en est une bénédiction ! Moi je mange un bout de toit, dit Hansel, et toi, tu peux manger de la fenêtre, c’est tout sucré.

Il se mit sur la pointe des pieds pour atteindre le toit et en cassa d’abord un bout pour voir si c’était bon, tandis que Gretel s’agrippait à la fenêtre et se mettait à en grignoter. Alors une douce voix sortir de l’intérieur :

Et j’te grignote et grignotons,
Qui me grignote ma maison ?

Tranquillement, les enfants répondirent :

C’est le vent, c’est le vent,
C’est le céleste vent.

Et ils continuèrent ainsi à manger sans se laisser troubler ni déranger.

Hansel, qui avait trouvé le toit fort à son goût, s’en cassa du coup un bon morceau, et Gretel, de son côté, avait ôté de la fenêtre toute une belle vitre ronde, s’était assise par terre et s’en régalait de tout son soûl.

Hansel et Gretel devant la maison de la sorcière

 

Mais voilà que la porte s’ouvre d’un coup et qu’une vieille, encore plus vieille que les collines alentour, s’avance à petits pas en béquillant sur sa béquille. Hansel et Gretel en furent si épouvantés qu’ils en laissèrent tomber leurs friandises.

Mais la vieille branla la tête et dit : « Hé, hé ! mes chers enfants, qui vous a amenés ici ? Mais entrez donc, voyons ! et restez chez moi, il ne vous arrivera rien de mal. » Elle les prit par la main tous les deux et les conduisit dans sa maisonnette. Là, ils eurent devant eux de bonnes choses à manger, du lait et des crêpes au sucre, des pommes et des noix ; puis ils eurent deux beaux petits lits blancs pour se coucher, et ils se crurent au ciel.

Mais si la vieille avait été si gentille, c’était juste pour faire semblant : en réalité, c’était une méchante sorcière qui guettait les enfants, et avait bâti pour les attirer cette maisonnette de pain d’épices. Une fois qu’ils étaient en son pouvoir, elle les tuait, les faisait cuire et les mangeait, faisant de ce festin un jour de fête. Les sorcières ont les yeux rouges et la vue si basse qu’elles n’y voient que de tout prêt ; mais elles ont une espèce de flair, comme les animaux, et elles sentent l’approche des humains. Ainsi, quand Hansel et Gretel arrivèrent dans les environs, elle avait ricané méchamment et murmuré en se léchant les lèvres : « Je les tiens, ceux-là, ils ne m’échapperont plus ! »

Le lendemain matin, très tôt, elle se leva avant le réveil des enfants, et quand elle les vit dormir si gentiment, avec leurs bonnes joues rouges, elle se chuchota à elle-même : « Un fameux morceau que je vais avoir là ! »

Alors elle empoigna Hansel de ses mains sèches et le porta dans une petite remise où elle l’enferma derrière une porte grillagée : il pouvait crier tant qu’il voulait, cela ne servait à rien.

Ensuite, elle vint secouer Gretel pour la réveiller, et lui cria : « Debout, fainéante, puise de l’eau et fais cuire quelque chose de bon pour ton frère qui est dans la remise, il faut qu’il engraisse. Parce que dès qu’il sera assez dodu, je le mangerai. »

Et Gretel eut beau pleurer amèrement, rien n’y fit : elle dut faire ce que la méchante sorcière voulait.

Dès lors, pour le malheureux Hansel fut préparée la meilleure cuisine : Gretel, par contre, n’avait rien que les os à sucer, ou la carapace des écrevisses.

Chaque matin, la vieille se traînait jusqu’à la petite remise et criait : « Hansel, passe-moi tes doigts dehors, que je tâte pour savoir si tu seras bientôt assez gras. »

Mais Hansel lui tendait un petit os, et la vieille, avec sa vue trouble, ne voyait rien et croyait que c’était son doigt, s’étonnant qu’il ne voulût toujours pas engraisser.

Au bout de quatre semaines, comme il était toujours aussi maigre, la vieille s’impatienta et ne voulut pas attendre plus longtemps.

-Holà, Gretel ! cria-t-elle à la fillette, dépêche-toi de m’apporter de l’eau ! Maigre ou gras, le Hansel, je le tue demain pour le faire cuire.

Ah ! comme elle se désola, la pauvre petite sœur, quand elle dut porter l’eau ! Et comme elles ruisselaient, les larmes, tout au long de ses joues.

-Mon Dieu, mon Dieu, gémissait-elle, viens à notre secours ! Si seulement les bêtes sauvages de la forêt nous avaient dévorés, au moins nous serions morts ensemble !
-Epargne-moi tes piailleries, dit la vieille, elles sont tout à fait inutiles.

Le lendemain, de très bonne heure, Gretel fut dehors et dut suspendre le chaudron rempli d’eau et allumer le feu dessous. « Avant tout, dit la vieille, nous allons faire cuire le pain : j’ai déjà fait chauffer le four et la pâte est pétrie. »

Et elle poussa la malheureuse Gretel devant l’entrée du four, d’où l’on voyait déjà sortir les flammes du grand feu qui brûlait. « Faufile-toi dedans, dit la sorcière, et vois un peu si c’est assez chaud pour qu’on y enfourne le pain. »

Oui, et quand Gretel serait dedans, elle fermerait la porte sur elle, la ferait rôtir et la mangerait. Mais Gretel avait compris ce qu’elle avait dans l’idée, et dit :

-Je ne sais pas comment entrer là-dedans. Que faut-il faire ?
-Stupide dinde ! s’exclama la vieille, l’ouverture est bien assez grande ! Regarde : je pourrais moi-même y passer !

Et en même temps, elle s’accroupissait devant le four et y engageait la tête.

Alors Gretel la poussa un grand coup pour la faire basculer dedans, ferma la porte de fer et bloqua le gros verrou. Houla ! Quels hurlements affreux elle se mit à pousser là-dedans !

Mais Gretel s’éloigna de toute la vitesse de ses petites jambes et la maudite sorcière dut périr misérablement.

Gretel courut droit à Hansel, ouvrant bien vite la petite remise en lui criant :

-Hansel, nous sommes libres ! La vieille sorcière est morte !

Tel un oiseau devant la porte ouverte, Hansel s’échappa de sa cage ; et quelle joie pour eux ! Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre, s’embrassèrent et gambadèrent comme des fous !

Maintenant qu’ils n’avaient plus rien à craindre, ils entrèrent dans la maison de la sorcière, où il y avait dans tous les coins des coffres pleins de perles et de pierres précieuses.

-C’est encore mieux que les petits cailloux blancs ! remarqua Hansel, tout en remplissant ses poches à craquer.
-Moi aussi, je veux rapporter quelque chose à la maison, dit Gretel, qui en prit plein son tablier.
-Mais à présent, allons-nous-en, dit Hansel, il faut sortir de cette forêt.

Ils s’en allèrent et marchèrent pendant quelques heures, mais ils furent arrêtés par une large rivière.

-Nous ne pouvons pas traverser, dit Hansel : je ne vois ni pont, ni gué.
-Et pas le plus petit bateau non plus, ajouta Gretel. Mais je vois là un canard blanc, et si je lui demande, il va bien nous aider :

Canard blanc, bel oiseau,
Voici Hansel et Gretel,
Il n’est point de pont sur l’eau,
Fais les passer sur ton dos.

Ainsi avait-elle appelé, et le canard s’approcha. Hansel s’installa sur son dos, et invita sa petite sœur à venir près de lui.

-Non, non, dit-elle, ce serait trop lourd pour le petit canard ; il faut qu’il nous porte l’un après l’autre.

Et c’est ce que fit le brave petit canard ; et quand ils furent de l’autre côté, ils marchèrent encore un petit moment, et voilà qu’autour d’eux, la forêt devenait de plus en plus familière au fur et à mesure qu’ils avançaient, jusqu’au moment où ils aperçurent de loin la maison de leur père.

Hansel et Gretel retournent chez eux (illustration d'Eloise Wilkin, 1954

Hansel et Gretel retournent chez eux (illustration d’Eloise Wilkin, 1954

Ils y coururent, entrèrent en trombe dans la chambre et se jetèrent au cou de leur père. Le pauvre homme n’avait pas eu une heure de bon temps depuis qu’il avait laissé ses enfants dans la forêt, et sa femme était morte.

En secouant son tablier, Gretel fit cascader les perles et les pierres précieuses qui roulèrent de tous côtés, cependant que Hansel les tirait par poignées de ses poches. Alors leurs soucis s’envolèrent ; et ils vécurent ensemble dans une perpétuelle joie.

Source :

Contes de Grimm, Hatier, 1990

 

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